Atopie, atopique

Atopie, atopique

Définition

Atopie n'est pas un néologisme, l'usage premier est médical.

 

«Un lieu en dehors des lieux. Mais rien à voir avec une utopie. Celle-ci est une projection d'idées pré-conçues (idéologie) sur le réel. L'atopie est un espace dégagé des codes, proche de la réalité nue. Le A indique aussi un nouveau commencement. Pour une présentation, humoristique, de cette notion, voir les premières pages de La route bleue», «Lexique géopoétique», Poésie 98, octobre, n°74, p. 15.

Citations

«Le poète existe donc en dehors des termes et des catégories fixes, et l'on peut parler de cette situation a-typique, a-topique, sans se complaire dans le "mystère" de la poésie», La figure du dehors, p. 53.

 

«En rupture avec la Grande-Bretagne, et pas tout à fait intégré à la culture française (je ne me suis pas "converti"), j'ai une situation paradoxale, une véritable petite atopie. Transnational!», La figure du dehors, p. 138.

 

«[…] il s'agit d'indiquer et d'explorer l'espace nouveau atopique qui surgit actuellement, en cette fin de la grande époque gréco-chrétienne à laquelle, d'une manière plus ou moins consciente nous assistons», La figure du dehors, p. 144.

 

«Mes écrits? Une topographie sans frontières, les traces d'un être atopique», Une apocalypse tranquille, p. 219.

 

«L'atopie est la sur-intensification d'une topologie bien solide [...] L'atopique est le potentiel du topique», In'hui, p. 52.

Commentaires

Dans Le plateau de l’albatros, White distingue l'atopie de l'utopie au sujet de Thoreau: «Thoreau a toujours aimé les chemins qui ne mènent nulle part, ce "nulle part" n'étant pas une utopie mais une atopie, atopie logosophique, peut-être, mais toujours imprégnée d'une odeur de feuillage ou d'un goût de sel...», Le plateau de l'albatros, p. 208.

Pour lui, l'atopie n'est pas un non-lieu mais un «en-dehors»: «Quant aux Etats, ce sont des lieux de pouvoir, un pouvoir, dans l'état actuel des choses, de plus en plus difficile à manier. Parler d'un "en-dehors" de l'Etat, c'est parler, au contraire, de champs de puissance. Ou, dans le vocabulaire géopoétique, d'atopie», Cahiers de géopoétique. L'Autre Amérique, série «Colloques», p. 5; «A la place de toute projection (idéaliste, imaginaire) utopique, j'ai toujours parlé plutôt d'atopie, c'est à dire d'un "en dehors" de l'histoire, et de la méta-histoire qui en est le corollaire, l'accompagnement platonique», Le champ du grand travail, p. 93 (cf. Post-histoire).

Voir aussi l'article de White intitulé «Introduction à l'"atopie", ou le grand jeu blanc», Po&sie, n°4, premier trimestre 1978.

Cheminement critique

Dans son second ouvrage consacré à White, Michèle Duclos propose la définition suivante de l'atopie: «matrice de tous les lieux où la pensée et la terre se retrouvent dans la complétude» dans Kenneth White, nomade intellectuel, poète du monde, p. 10. Voir l'analyse du concept par le même auteur dans Le monde ouvert de Kenneth White, p. 56-57 (où il est noté que le terme est présent dans l'Apologie de Socrate). Cf. Christophe Roncato, «L’atopie ou le processus de désencombrement», Études écossaises, ELLUG, n°11, 2008.

Référence (voir aussi)

Principales occurences

Les archives du littoral, p. 159; Les affinités extrêmes, p. 11; Une apocalypse tranquille, p. 32, 219; La carte de Guido, p. 119; Dialogue avec Deleuze, p. 31-32, 48; Déambulations dans l'espace nomade, p. 57; L'ermitage des brumes, p. 80; L'esprit nomade, p. 232; La figure du dehors, p. 53, 138, 144, 148; Hokusaï ou l'horizon sensible, p. 118; Le champ du grand travail, p. 93; Le plateau de l'albatros, p. 208; Le poète cosmographe, p. 71; Le monde d'Antonin Artaud, p. 44, 160; La maison des marées, p. 68; Cosmose, p. 76; Incisions III, p. 32; In'hui, p. 52.